10 outubro, 2008

o êxtase material

Ter e não ler, eis minha sempiterna questão. E nenhum
êxtase material nisso. E nenhum êxito. Apenas meu costu-
meiro fado. Tudo para as calendas sempre adiado, em nome
de um Tempo verdadeiramente Livre...
Não sei quando, não sei onde, não sei em que ano, não sei
quanto custou, não sei a razão de tê-lo adquirido, não sei
porque o quis na lígua original, não sei se o terei folheado,
não sei se terá havido alguma convincente sugestão de
leitura. Sei que tinha em casa, por ler, um livro dele. O novo
e inesperado Nobel da Literatura.
Não sei os nomes que estavam a jogo. Apenas ouvira vaga-
mente falar em Roth e no nosso Lobo Antunes. Ficara a
torcer por qualquer dos dois. A meio da manhã apercebo-me
que estava já escolhido: na rádio dizia-se que era o francês
J.M.G. Le Clézio.
Agora emendo a falta. Fui procurar o livro. Um conjunto de
meditações escritas em 1967. O ar dos tempos em que nasci.
Mais um para a pequena montanha sobre a mesinha de cabe-
ceira.
Perdoem-me aqueles que não entendem bem o francês, estive
tentado a ser eu a traduzi-lo mas, para além do tempo e tra-
balho que me exigiriam, fiquei com receio que aparecesse por
cá algum tradutor encartado a desancar na minha ingenuidade.
Tomai então, assim. E bebei.



"Toute littérature n'est que pastiche d'une autre littérature.
En remontant ainsi dans le temps, jusqu'où arrive-t-on?
Jusqu'à quelles oeuvres cachées, quels chants et quelles
légendes des premiers temps des hommes? La continuité
est en tout. Rien ne vien la briser. Tout est répercussion. En
face d'une telle force de persévérance, l'idée du passé, du
présent, ou de l'avenir semble un peu ridicule. La véritable
notion humaine, celle qui finalement se rapproche le plus de
ce qu'on conçoit aussitôt de la vie, c'est l'eternité. La perdu-
rabilité des choses, des êtres, et même des idées est évidente.
Comme il y a des instincts, des gestes qui se lèguent, il y a des
mots. Est-ce cela le progrès? Est-ce qu'une pensée, d'un individu
à l'autre, d'un siécle à l'autre s'affine? Elle change, cela est sûr,
elle s'adapte. Mais progresse-t-elle? Elle vit, tout simplement,
selon un cycle immuable et pourtant imprévisible. Elle vit. Elle
a SA vie. Curieuse éternité dont la conception même est diffi-
cile. Individus tout entiers braqués, mais collés aussi dans la nuit
cellulaire. Etrange sphère vers quoi tout aspire, mais où le mor-
cellement est désespérant. Je suis moi. Les autres sont les autres.
On m'a fait moi. Je pense avec ces bribes qui semblent vraies:
le temps, l'éspace, la réalité, les couleurs. Alors que la vérité, la
seule vérité, c'est l'éternel, l'immense, l'absolu, l'invisible.
La grande beauté religieuse, c'est d'avoir accordé à chacun de
nous une ÂME. N'importe la personne qui la porte en elle,
n'importe sa conduite morale, son intelligence, sa sensibilité.
Elle peut être laide, belle, riche ou pauvre, sainte ou païenne.
Ça ne fait rien. Elle a une ÂME. Étrange présence cachée,
ombre mystérieuse qui est coulée dans le corps, qui vit derrière
le visage et les yeux, et qu'on ne voit pas. Ombre de respect,
signe de reconnaissance de l'espèce humaine, signe de Dieu dans
chaque corps. Les idiots sont idiots, mais ils ont une ÂME. Le
boucher à la nuque épaisse, le ministre, l'enfant qui ne sait pas
parler, ont chacun leur ÂME. Quelle est la vérité dans ce mys-
tère? Comment est-elle, cette âme invisible et inconnaissable,
qui n'a rien à voir avec la fortune, la beauté ou l'intelligence?
Quelle est cette chose sérieuse qui habite tous les hommes,
et qui fait qu'ils sont eux-mêmes? Ce fantôme sans couleur et
sans forme qui est glissé dans le fourreau de la chair, et qui
est digne, et QUI REND TRAGIQUE?"

J.M.G. Le Clézio, "L'extase matérielle" (éditions Gallimard)

3 Comentários:

Blogger Táxi Pluvioso disse...

Algo me diz que o rapaz vai aumentar o seu sucesso editorial. Parabéns para ele!

10 outubro, 2008 06:27  
Anonymous paulo austero disse...

Francisco, o homem do portátil!

10 outubro, 2008 12:31  
Blogger francisco carvalho disse...

Que imagem tão errada!

:)

18 outubro, 2008 14:22  

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