28 janeiro, 2009

o mar deu-me esta vontade de duras

"On voudrait que tout fût de cet infini de la mer et de l'enfant 
qui pleure. Les mouettes sont tournées vers le large, plumage 
lissé par le vent fort. Restent ainsi posées sur le sable, si elles 
vollaient contre, le vent casserait leurs ailes. Fondues à la 
tempête, elles guettent la désorientation de la pluie. Toujours  
cet enfant seul qui ne court ni ne chante, qui pleure. On lui dit: tu
ne dors pas? Il dit non et que la mer est haute en ce moment et 
que le vent est plus fort et qu'il l'entend à travers les toiles. Puis 
il se tait. Serait-il malheureux ici? Il ne répond pas, il fait un signe 
d'on ne sait quoi, comme celui d'une légère douleur, d'une igno-
rance dont il s'excuserait, il sourit aussi peut-être. Et tout à coup 
on voit. On ne le questionne plus. On recule. On le laisse. On voit. 
On voit que la splendeur de la mer est là, là aussi, là dans les 
yeux, dans les yeux de l'enfant."

("L'ÉTÉ 80",  Marguerite Duras)

1 Comentários:

Blogger hfm disse...

Sem palavras, Duras esgotou-as.

28 janeiro, 2009 13:47  

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